Samedi 18 novembre 2006 - Bataclan
Compte-rendu de Wlad - Samedi 18 novembre, 20h00.

Ça y est. Triton est descendu de la scène où il apprenait la guitare aux Dead Pop Club. Les techniciens commencent à installer le matos de la Ruda, et Cédric à régler la balance. Le MacDo commence à effectuer des circonvolutions bizarres dans mon ventre. À ma gauche, Matthieu, avec qui je suis descendu depuis le Taïs. S’être perdus en cours de route n’aura en rien entamé notre fébrilité.
On est vachement loin de la scène, mine de rien. Surtout sans mes lunettes. Allez, zou, en route vers la frontline, fendant la foule à la suite du grand Matthieu (c’est pas avec mon mètre 70 que je vais tracer dans la masse). Plus la scène se rapproche, plus il y a d’électricité dans l’air. Bim, le cheeseburger part en triple axel.
Deux trois étirements de jambes, quelques sautillements (ça évacue aussi un peu la tension)... les clameurs se font de plus en plus fortes, les gars se placent en périphérie de la scène... Noir.
Toute l’énergie de ce public chauffé à blanc et prêt à en découdre avec la fatigue une heure et demie durant résonne dans cette exultation sonore qui emplit soudain l’espace.
Voici le premier son. Un projecteur, puis deux, le sample part, un sourire sur nos visages, Kazamix in da house. Puis le deuxième son.
Changement de lumière, le voyage commence. La pulsation électronique donne la cadence. Et maintenant, tous les sons ensemble.
Ça y est, nous sommes partis, il est trop tard pour faire machine arrière. Le son évanescent et les lumières insaisissables font entrer le public en phase, le bonheur en bandoulière.
Puis le groupe prend place, et résonnent les premiers accords de la Trajectoire, premier coup de la bataille qui s’engage alors !
Dans la fosse, c’est la furia, le pogo est lancé, aucune pitié pour les pieds des malheureux qui ne suivent le rythme effréné du jump.
Sur scène, on se demande qui, de Philly et Pierrot, est le véritable frontman de la soirée, tant les deux compères rivalisent d’énergie « au premier rang, au premier plan, arrosés de sueur et dopés par l’adrénaline ».
La sauce prend rapidement, et il ne faut que quelques minutes pour que la salle entière, sous les assauts de Manu qui martèle joyeusement, de Fred et Richard qui envoient le pâté en une sarabande échevelée, et de la triplette « sur des rythmes chauds, pour mettre le feu dans le cerveau », se retrouve en nage, accompagnant un Pierrot monolithique.
La Ruda balance 8 morceaux de la Trajectoire, entrecoupés des titres inamovibles tels que l’Art de la Joie ou le combo Marvin/Pensées Malsaines, et le rythme reste toujours infernal, malgré des transitions plus longues que d’habitude – mais ô combien bienvenues – témoignant de la décontraction de Pierrot ce soir là (confirmé plus tard par l’intéressé).
Néanmoins, ni le groupe ni le public ne sont des surhommes ni des bourrins, et l’on s’offre quelques plages détente-émotion (l’Odyssée, par exemple), où le jeu de scène de Bruixe prend toute son ampleur ; je regrettais jusqu’alors l’absence du bourrinisme de PY, le nouveau bassiste restant un peu en retrait du reste du groupe, mais force est de constater que Bruixe est un mec sensible qui amplifie la puissance des passages émotion par son attitude cool et calme.
La première partie du set passe à la vitesse d’un homme canon, et lorsque Pierrot nous rappelle que nous avons « l’instinct du meilleur » (qui sert dorénavant de clôture), on reprend brutalement pied tandis que les nôtres (de pieds) poussent des lamentations. Déjà ? La Ruda Salska nous remercie pour le bordel que nous avons foutu dans cette putain de salle !

C’est juste si on a vu le temps passer. Oui, mais à peine a-t-on épongé sa nuque et repris son souffle que le groupe reprend sa place. La pression remonte... tant mieux, on en aura besoin pour huer Sam. Car comme nous y enjoint Pierrot, « non, mesdames et messieurs, ne l’applaudissez pas ! ».
Il fait toujours chaud, tout le monde est au taquet, le mouvement est inarrêtable et l’osmose est parfaite entre la scène et la fosse.
Puis c’est l’incontournable sprint final, qui se conclut, toujours dans une hystérie assumée, par la nouvelle mouture de l’École des sous-sols, et son extro très... conceptuelle, qui ne devrait pas arranger les finances de Radical puisqu’on n’y scande ni plus ni moins que « Rendez la monnaie ! ».
Un rapide deuxième rappel, et la magie s’évapore peu à peu, quoiqu’il reste quelques étincelles de bonheur dans les yeux de certains (moi le premier).
On s’assure que nos jambes tiendront le coup jusqu’au Taïs, un détour par le merch’, et back to the bar, où nous nous vautrâmes avec une élégance toute relative (voire pachydermique) sur le moindre support ressemblant de près ou de loin à une chaise. Samedi soir oblige, le patron offre le couscous, et on est bien contents de pouvoir recharger les batteries après un tel déferlement d’énergie.
After avec la Ruda, moultes binouzes et quelques jus de fruits, discussions sur la Trajectoire, le concert, les FDR, photos, remerciements aux boys pour le set and so on.
De mon côté, j’ai mis les voiles vers 3h15, le temps de rentrer en Noctambus à Porte d’Orléans je me suis pieuté à 5 heures.
Et j’ai eu du mal à monter les escaliers jusqu’à ce matin (mardi).
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